l'amap de la krut
Par manuel le samedi 2 août 2008, 18:29 - amap - Lien permanent
L’AMAP de la Krutenau-Centre, y adhérer c’est adopter un autre mode de vie et d’agir positivement sur notre agriculture

Les différents reportages (télévision et radio) qui ont été faits au CARDEK sur le fonctionnement de l’AMAP de la Krutenau montre l’engouement que suscite cette nouvelle façon d’acheter ses fruits et légumes. Malheureusement on reste sur sa faim lorsqu’on voit le résultat. Comment décrire en une minute et demie un phénomène de société et la prise de conscience qui en est à l’origine ? Finalement, on en retient de ce qui est présenté que ce n’est qu’une nouvelle façon de consommer ; lien plus proche avec le producteur et produits meilleur marché.
Si ce n’était que ça, ce serait déjà pas mal. Cependant, lorsque l’on adhère à une AMAP, on devient plutôt un consomm’acteur.
Revenons un peu sur l’histoire des AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). Les premiers agriculteurs qui avaient le souci de leur environnement caractérisaient leur pratique de “naturelle”. Ce n’est que vers le début des années soixante-dix qu’apparurent les qualificatifs de “biologique” et “bio-dynamique”. Les premières AMAP se sont créées en 2001 dans le Var. Sous la pression de collectifs de familles, des agriculteurs se sont organisés pour re-localiser leur distribution directement en développant une nouvelle façon de tisser du lien entre les agriculteurs et les habitants.
- L’AMAP une chance pour la biodiversité en continuant à produire des variétés oubliées et en produisant en respectant son environnement. L’agriculteur qui travaille sous forme d’AMAP fait vivre le patrimoine des anciennes semences en les cultivant et les reproduisant. Il propose à ses adhérents de découvrir et de goûter des variétés de légumes oubliés. La tomate est la victime de la production industrielle de ses dernières années, on n’en trouve aujourd’hui plus que quelques variétés, calibrées et sans saveurs. Pour l’AMAP du CARDEK, Vincent Schotter a semé cette année les variétés suivantes :Cerise de Terre, Prune des Incas, Ananas, Cœur de Bœuf, Merveille des Marchés, Noire de Crimée, Rose de Berne … L’agriculteur est en perpétuelle évolution à l’écoute de sa terre. Les légumes ne poussent pas tous de la même façon selon le terrain et les conditions climatiques. Les intrants chimiques et les pesticides ne font pas partie de son outillage.
- Le nouveau profil des AMAP Il faut reconnaître que les AMAP créées dernièrement n’ont pas gardé toutes les caractéristiques des précurseurs. Elles se sont adaptées aux nouveaux adhérents, notamment les habitants des centres des villes. Ils sont moins disponibles, plutôt tournés vers un engagement sur des valeurs. Par exemple, les ateliers de jardinage aux champs ne sont plus systématiquement proposés. Les visites et les pique-niques chez l’agriculteur sont appréciés et ce qui est la meilleure façon d’échanger et de se connaître. La multiplication des producteurs sur un même site est aujourd’hui une évolution naturelle du concept. La diversité des produits, avec au milieu le maraîcher, permet d’offrir un panier plus attractif. Aujourd’hui, à l’AMAP de la Krutenau, on trouve en plus des légumes et des fruits: des oeufs, du jus de pomme, du miel, des volailles, de la farine,...
- Apparente régularité, apparente monotonie. Le roulement des adhérents s’explique par le fait que l’AMAP propose un mode de vie différent. Il faut être régulier et il faut accepter quelques contraintes. Cela ne convient pas à tout le monde. Il faut aussi trouver des idées de recettes et les échanger afin de lutter contre la lassitude. La carotte est présente deux tiers de l’année dans notre panier… On redécouvre les saisons, on ne mange pas des tomates avant juillet. Ceux qui en veulent en mai devront s’inscrire en Espagne ou en Italie … Le système AMAP propose un juste prix pour le panier. Il n’y a pas de revente et donc pas de plus value sur les produits proposés. Avec soixantaine d’adhérents, l’AMAP de la Krutenau-Centre se porte bien. Adhérer à une AMAP c’est d’abord un choix de vie ensuite une nécessité de s’alimenter.
Renseignements et inscriptions: Manuel Santiago, 06 09 18 52 65. 1, place des Orphelins. 67 000 Strasbourg